
La BCE resserre à nouveau : deuxième hausse de taux en 2026
Pendant que la Fed sortait de sa pause monétaire, la BCE, elle, resserre déjà sa politique depuis le printemps.
Deuxième hausse de taux en 2026, sur fond de remontée des prix de l'énergie : la zone euro affronte, elle aussi, un regain de tensions inflationnistes.
Une deuxième hausse en 2026
Réuni le 10 septembre 2026 à Francfort, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base. Le taux de la facilité de dépôt, référence pour les marchés, passe ainsi à 2,50%, contre 2,25% depuis juin. Le taux de refinancement principal atteint désormais 2,65% et celui de la facilité de prêt marginal 2,90%. Il s'agit du deuxième relèvement de l'année, après celui décidé en juin, et de la première remontée du cycle depuis la fin de la série de baisses entamée en 2024.
L'énergie, encore et toujours
Le scénario ressemble à celui observé aux États-Unis : c'est la flambée des prix du pétrole et du gaz, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui pousse l'inflation vers le haut. En zone euro, l'inflation totale s'élève à 2,9% sur un an, et l'inflation sous-jacente, qui exclut l'énergie et l'alimentation, atteint 2,5%. Les deux restent au-dessus de l'objectif de 2% fixé par la BCE, ce qui justifie, aux yeux de Christine Lagarde, la poursuite du resserrement monétaire.
Pas de trajectoire préétablie
Comme à son habitude, la présidente de la BCE a insisté sur le fait que les décisions continueraient d'être prises réunion par réunion, en fonction des données économiques, sans engagement sur une trajectoire de taux définie à l'avance. Cette prudence tranche avec la fermeté du diagnostic : l'institution veut éviter que le choc énergétique ne s'installe durablement dans les anticipations d'inflation des ménages et des entreprises.
Quel impact pour les ménages et les emprunteurs ?
Cette remontée se diffuse progressivement aux taux courts du marché, avec un effet de traînée sur les produits d'épargne réglementée comme le Livret A, dont la révision suit un calendrier propre. Du côté du crédit immobilier, la tension est déjà visible : les taux moyens poursuivent leur hausse, portés aussi par la remontée des taux d'emprunt d'État, l'OAT 10 ans ayant franchi la barre des 4% au cours de l'été.
À retenir
Fed et BCE avancent désormais dans la même direction, celle d'un resserrement monétaire réactivé par le choc énergétique. Un alignement qui contraste avec les cycles de baisse des deux dernières années, et qui rebat les cartes pour les marchés obligataires comme pour le financement de l'économie réelle en zone euro.