
La Fed relève ses taux à 3,75%-4% : la fin de la pause monétaire
La Réserve fédérale américaine a surpris une partie du marché en annonçant sa première hausse de taux depuis 2023, signe que l'inflation reste la priorité numéro un outre-Atlantique.
Une décision à l'unanimité
Réunie les 15 et 16 septembre 2026, la Réserve fédérale (Fed) a relevé son taux directeur de 25 points de base, le portant dans une fourchette de 3,75% à 4%. Le comité de politique monétaire (FOMC) a voté cette décision à l'unanimité, 12 voix contre 0. Il s'agit du premier relèvement des taux directeurs américains depuis 2023, après plusieurs trimestres marqués par des baisses successives en 2024 et 2025.
Pourquoi remonter les taux maintenant ?
Le communiqué du FOMC est clair : l'inflation reste élevée. La flambée des prix de l'énergie, amplifiée par les tensions géopolitiques autour de l'Iran, ainsi que les effets persistants des droits de douane, ont ravivé les craintes d'un ancrage durable des anticipations d'inflation. Face à un marché du travail qui se stabilise, avec un taux de chômage désormais attendu à 4,1%, la Fed a jugé qu'elle ne pouvait plus se permettre d'ignorer ces pressions inflationnistes comme elle le faisait jusqu'ici.
Et la suite ?
Les nouvelles projections économiques (le fameux « dot plot ») laissent entrevoir une possible hausse supplémentaire d'ici la fin de l'année 2026, avec des taux attendus entre 4,1% et 4,4%. Le marché anticipe donc un resserrement encore plus marqué que prévu, dans un contexte de confrontation ouverte entre le président américain et le président de la Fed sur l'indépendance de la politique monétaire.
Ce que cela change concrètement
Pour les épargnants américains, cette hausse devrait se traduire par une remontée progressive des rendements des comptes d'épargne à taux variable et des certificats de dépôt. Pour les marchés, le message est double : la Fed reste vigilante sur l'inflation, mais ce resserrement, s'il se poursuit, pourrait peser sur la dynamique de croissance et sur la valorisation des actifs risqués, notamment les actions de croissance sensibles aux taux.
À retenir
Ce virage marque un tournant après deux années de cycle baissier des taux. Il rappelle qu'aux États-Unis comme ailleurs, la lutte contre l'inflation reste loin d'être terminée, et que les marchés devront composer avec une incertitude monétaire accrue jusqu'à la fin de l'année.